Enseignants 
Témoignages de professeurs ayant participé
aux ateliers de communication pour la paix


J'ai commencé à mettre en pratique certaines des stratégies de réponses empathiques, telles que "j'ai l'impression que tu te sens en colère en ce moment…que dirais-tu si nous choisissions un moment de la journée pour discuter ensemble de ce que s'est passé" plutôt que des directives traditionnelles, du genre "il faut que tu te mettes au travail très bientôt sinon, je vais devoir te garder à la récréation pour que tu reprennes le temps perdu". Je suis heureux(se) de constater qu'à plusieurs occasions, cette simple stratégie qui consiste à exprimer en mots ce que je perçois ou interprète du langage non verbal d'un enfant semble lui permettre de passer à autre chose, de sortir d'une situation sans issue et d'arriver à en parler, ou simplement de prendre part à nouveau aux activités de la classe. ~ Dell

Un autre effet intéressant de cette pratique est le ralentissement de mon temps de réaction, car je m'applique à bien ressentir mes émotions, à identifier les besoins non satisfaits et à formuler ma demande. Cela diminue les risques de réactions impulsives chargées d'émotion provenant de la colère. Plutôt génial, non? ~ Revell

Le groupe qui représente un défi est ma classe de septième, un étudiant en particulier. Mon plus grand questionnement est: "de quoi ont-ils besoin?" Lundi, je suis allé au travail et suis parvenu à interagir avec lui ainsi qu'avec ses camarades de classe dans un état de calme et de bienveillance. J'ai utilisé les observations, les sentiments, les besoins et les demandes. Les élèves ont coopéré de façon surprenante. Aujourd'hui, un étudiant est venu me voir à la fin de la journée et m'a demandé si j'accepterais qu'il me fasse la lecture d'un poème qu'il avait écrit. Malgré ma surprise, j'ai accepté. Après s'être assis, il m'a lu un "rap" de trois pages qu'il avait écrit à mon intention et qui décrivait qui il est. Cela m'a profondément émue, mais son message était très clair: "Ne me jugez pas en fonction de ce dont j'ai l'air ou comment je peux parfois agir. Il se passe en moi tellement de choses dont personne ne se doute." Je suis presque resté bouchebée après qu'il eut terminé. Ce qu'il m'avait avoué était si ÉNORME. J'ai opté pour le sentiment. "Je suis honorée par ton partage." Puis, nous avons discuté. Je suis inquiète pour lui, mais au moins, une porte s'est maintenant ouverte. Je sens que la compassion exprimée à travers mes communications avec sa classe au cours des deux derniers jours a permis à cette porte de s'ouvrir. Cette expérience me remplit d'humilité. ~ Theresa

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Children's workshop in Thailand 
Children's workshop in Thailand


“Oh this is gonna break your heart,” Nao says as she prepares to translate for me what one of the young girls has just shared. “She says she is grateful for all that Whispering Seed has done for her and for learning giraffe language and hopes you will never forget all of them.” And that’s when I begin to cry tears that are so touched by all that is contained in what this young girl has just said.

We are in the final activity of a PEACEfull Communication workshop which I am leading at Whispering Seed, a children’s home and community center in Thailand. These girls and two boys who have come to Thailand with their families to escape the violence and oppression of the military government in Burma. This is quite possibly the first time in their lives they have been given the opportunity and support necessary for them to be bale to express their gratitude. It took Nao and I trying in several explanations for them to understand what we were asking of them. But once they understood, the words flowed on the paper like the river in the rainy season. Our Chain of Gratitude was full and some participants asked for another piece of paper in order to write everything they were grateful for.

How could I ever forget them? We shared an unforgettable afternoon of trust and vulnerability.It began when I shared something that had happened that morning. A young man had approached the kitchen of Whispering Seed holding a large gun, half trying to hide it behind his back. I could tell by the way the plastic shone in the sun that the gun wasn’t real but all the same, I felt my heart become agitated and knew I had to intervene. I shared with the participants that I felt very nervous, sad and angry. I was sad because I so deeply wished that young men would prize instruments or paint brushes or pencils – weapons that can transmit all that is most beautiful in them – rather than guns. And then I shared that I felt nervous and angry because I thought: “Hasn’t he learned? How many mothers have to get shot the way Pon was two weeks ago in this very place before people understand? And will they ever understand?”

We had all been affected by the shooting. All the young people in the workshop knew about the shooting and some were particularly close to Pon. Her two oldest daughters were with us this afternoon and just after she was shot by her husband, I had held Pon in my arms administering first aid with my partner, Remi and then carried her out to the road to get her to the hospital. She survived with an injured arm and a sewn up hole in her stomach. Bloody miracle, I think.

I ended my sharing by saying that I needed hope that people around the world are growing in their commitment to peace. I added that especially given that I knew the Thai military came into the village regularly to train young boys to use guns and then left the weapons in their community, I added that I also really needed safety for those here whom I had come to care for very much, including all of them. Then there was silence and I asked them if they wanted to share anything that was coming up for them after hearing what I had to say.

One after another, like flowers unfolding in the sun, they decided to trust enough to open up. “I want to be a mediator with people in my village.” “I wish Pon’s family was together again.” I want to offer encouragement to Pon. I will pray for her.” Then I asked, “Do you think it would be helpful for her to know all that you are saying?” And they answered, “Yes. Let’s tell her.” So these brave you g people wrote letters to Pon expressing their deepest wishes of peace, forgiveness and healing for her. In her gratitude, Potsela, Pon’s eldest daughter expressed her thanks for all the support we all had shown her mom.

I imagine we all made history together that day – expressing gratitude and as a group, with others watching, offering words of comfort and support to someone in need, if not for that village, then for those young people making a conscious choice in that moment to of how they want to be in the world. They bring me hope and that afternoon has brought yet more meaning to my presence here on Earth.


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Histoires de la Zone Sans Faute 
La Zone Sans Faute est un outil de résolution de conflit qui utilise un tableau de jeu et des cartes girafes qu'on appelle- des cartes avec des mots de sentiments et de besoins écrits dessus. Le but de la Zone Sans Faute est de créer un espace sécuritaire pour que chacun puisse écouter et exprimer ses sentiments et ses besoins et ainsi résoudre ses conflits. Pas de punitions ni de conséquences puisque l'on part de la prémisse que personne n'a rien fait de pas correct. À chaque moment, nous sommes simplement tous en train de choisir des stratégies pour tenter de combler nos besoins et parfois, nos stratégies ne conviennent pas à d'autres. À l'aide de cette attitude, nous préservons le lien qui nous permet de rester à l'écoute plutôt que de couper le lien en utilisant des jugements et des critiques. Ceci rend la vraie résolution, accompagnée de la compassion et de la compréhension, possible.



Les parents de Léonard avaient de la difficulté à s'entendre alors ils se sont séparés et maintenant, Léonard ne voit son père qu'une semaine par année. L'année dernière, sa visite avec son père a été interrompue parce que sa mère et son père se sont disputés. Après avoir découvert la Zone Sans Faute, Léonard a décidé d'en faire une pour apporter à la maison. Lorsque son père téléphona, Léonard lui demanda de se prononcer sur un problème de famille qu'ils avaient et Léonard disposa les sentiments et les besoins de son père sur le tableau. Lui et sa mère firent de même et décrivèrent au père de Léonard leurs sentiments et leurs besoins. La Zone Sans Faute a permis à Léonard et sa famille de trouver une solution qui convenait à tout le monde.

Jusqu'au moment ou je l'invitai à la Zone Sans Faute, Jérémie niait ce qu'il avait dit à Vanessa et Maude. Les filles ont exprimé comment elles se sentaient lorsqu'il leur avait dit que leur projet d'art était laid. Elles lui ont dit qu'elles auraient préféré sont aide plutôt que ses critiques. Elles ont aussi exprimé qu'elles avaient besoin de respect pour ce qu'elles avaient créé afin de préserver leur estime personnelle. Le visage de Jérémie s'adoucit. Je lui demandai s'il voulait changer quelque chose dans leur histoire. Je voulais en fait savoir s'il était d'accord avec leur version des faits ou s'il voulait rajouter son grain de sel. Mais Jérémie répondit: “ Oui: je ne ferai plus ça.” C'est à ce moment que nous avons compris que Jérémie ressentait du regret sincère pour ce qu'il avait fait et il l'a confirmé lorsqu'il a choisi la carte de regret pour exprimer ses sentiments. Je lui ai demandé ce qui l'avait encouragé à dire la vérité cette fois-ci. Il m'a confirmé que c'était l'assurance qu'il avait reçu qu'il serait en sécurité dans la Zone Sans Faute, qu'il ne serait pas puni. Après tout ça, les filles n'avaient plus de demandes à faire à Jérémie. Elles étaient déjà très satisfaites.







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Amelia's Story 
Amélia a participé à une formation de Communication pour la Paix. Elle m'a raconté cette histoire quelques semaines plus tard: Mon amie et moi étions dans l'autobus lorsqu'un garçon de notre classe nous traita de lesbiennes. Nous nous sommes demandées pourquoi il voudrait bien nous appeler comme ça, de quoi il pouvait avoir besoin? Nous avons deviné qu'il avait peut-être besoin d'amis...alors on a décidé de devenir ses amies.

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